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films d’autres parts au Bellevaux!

Le Cinéma Bellevaux, juste avant de célébrer son demi-siècle (du 13 au 15 novembre prochains), nous fait découvrir les cinémas d’ailleurs dès le 28 octobre. Le programme de la prochaine Passerelle sera sous le signe des Films d’Autres Parts : semaine des cinémas du sud qui aura lieu du mercredi 28 octobre au 3 novembre.
Au programme:
Des avant-premières (Luck By Chance de Zoya Akhtar, 2009, Inde et Birdwatchers : La Terre des Hommes Rouges de Marco Bechis, 2008, Brésil), des collaborations avec le Festival Filmar en America Latina (Birdwatchers et Nostalgie de la Campagne, de Dang Nhat Minh, 1990, Vietnam), un film pour les jeunes (Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki, 2002, Japon), et un tour du monde cinématographique qui passe par l’Inde, le Burkina Faso, l’Egypte, le Brésil, le Japon, l’Argentine et le Vietnam.
Téléchargez le programme complet en pdf.
| Mercredi 28 | Jeudi 29 | Vendredi 30 | Samedi 31 | Dimanche 1 | Lundi 2 | Mardi 3 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 16:00 | Le voyage de Chihiro | ||||||
| 18:30 | Alexandrie-New York | Moi et mon blanc | Birdwatchers | La visite de la fanfare | Despabilate Amor | Nostalgie de la campagne | |
| 19:30 | Luck By Chance |
Birdwatchers : La Terre des Hommes Rouges
!!!En avant-première au cinéma Bellevaux lors de la semaine Passerelle Films d’Autres Parts samedi 31.10 à 18:30 en collaboration avec le Festival Filmar en America Latina 11e édition!!!
On a beaucoup parlé des Indiens Guaranis en anthropologie, de leur système social, politique, notamment au travers de Pierre Clastres ou Jean William Lapierre, dont les visions sont bien différentes. Cependant, les problèmes actuels touchant la société des Guaranis liés au manque de terres ne nous sont pas si familiers. La malnutrition est le pire fléau des quelque 30′000 Guaranis survivants qui se battent pour récupérer leurs terres, actions appelées retomadas .
Des faits :
Une réalité difficile
La colonisation sanglante qui a décimé une grande partie de la population indigène a aussi causé use dispersion des communautés et réduit de façon drastique la taille de leurs territoires. Les Guaranis vivent donc loin de leur tekoha [les guaranis appellent aujourd'hui les endroits où ils vivent "tekoha". Tekoha signifie donc l'endroit physique – la terre, la forêt, les champs, l'eau, la faune, la flore, les remèdes, etc. – où le "teko" ou "manière d'être", concept de vie des Guaranis, se réalise. Source ], confinés dans de tout petits terrains, ou pire, sans terres du tout.Le peuple Guarani de tout le continent a pu être témoin depuis l’invasion de ses terres du profit fait par les fermiers et les multinationales exploitant les ressources naturelles de leur territoire. Alors qu’eux vivent dans une situation que les organismes internationaux appellent un génocide, des milliards de bénéfices sont dégagés par les récoltes de soja, de canne à sucre et de cellulose, en minerai précieux et par la privatisation de la nature en vue de développer le tourisme.Malgré leur statut de population indigène la plus importante du Brésil, ils sont aussi les moins reconnus par l’état, notamment en ce qui concerne leur droit à la terre. En moyenne, un Guarani ne possède que moins d’un demi hectare. 95% de leurs terres traditionnelles ne sont toujours pas reconnues à travers le pays.Entre 2003 et 2005, sans terres à cultiver et d’où tirer leur alimentation, les Guaranis ont déploré 183 de leurs enfants de moins de cinq ans pour cause de malnutrition. C’est le chiffre le plus important parmi les peuples indigènes du Brésil.Poussés à vivre dans des huttes improvisées le long de l’autoroute et confinés dans des territoires trop petits, la violence explose. Les meurtres et les suicides au Mato Grosso do Sul ont le plus fait parler d’eux.Une étude du Conseil Missionnaire des Problèmes Indigènes (CIMI) élaborée entre 2003 et 2005 a recensé 68 suicides; selon des études anthropologiques, ces suicides sont aussi liés au manque de terres et de perspective de vie pour les jeunes. Durant cette période, on a recensé 60 meurtres au sein des Guaranis.Ces meurtres sont généralement des assassinats de chefs guaranis commandités par les fermiers ou résultant de conflits internes entre Guaranis qui se disputent l’autorité sur les communautés et les petites parcelles de terrains sur lesquels ils vivent. Ces conflits sont enflammés par les intérêts économiques des groupes envahisseurs qui occupent les terres traditionnelles du peuple Guarani et qui refusent de les quitter.Les enseignants Guaranis jouent un rôle important dans le processus actuel de lutte. Ce sont eux qui aident à interpréter le monde qui les entoure et à former, grâce à une éducation inter-culturelle, de nouveaux chefs conscients de leur histoire, de leur culture et de leurs droits garantis par la constitution fédérale.Au Brésil, les Guaranis utilisent des moyens traditionnels d’organisation dans leur lutte pour leurs droits. La réappropriation des terres se fait avec la participation de toute la communauté. Ce sont souvent les femmes qui mènent ces luttes pour les terres, puisque plus directement touchées dans leur quotidien par les besoins que crée un manque de terres cultivables, comme le manque de nourriture pour leurs enfants.Où qu’ils se trouvent, les Guaranis poursuivent leur lutte pour conserver leurs terres, comme la réapropriation du terrain Moro dis Cavalos dans l’Etat de Santa Catarina, Nhanderu Marangatu sur le Mato Grosso do Sul et le Tupinikim/Guarani dans l’Espirito Santo.Nos terres ont été envahies, nos terres ont été volées, nos territoires ont rétréci et nous n’avons plus de moyens de survivre. Nous voulons parler à Votre Sainteté de notre misère et de notre tristesse causée par les assassinats de nos chefs, froidement tués par ceux qui ont pris nos terres. Terre qui pour nous représente la vie et la survie dans ce grand Brésil que l’on qualifie de chrétien.Saint Père, nous plaçons grand espoir et confiance en votre visite dans notre pays. Emmenez nos cris et nos voix avec vous vers d’autres territoires qui ne sont pas les nôtres pour que le monde nous écoute, pour qu’une population plus humaine se batte pour nous, parce que notre peuple, notre nation indigène, est en train de disparaître au Brésil.Discours donné par Marçal Tupã-i au Pape Jean-Paul II en 1980 à Manaus. Ce grand chef Guarani était très important dans la lutte pour les terres et a été assassiné trois ans plus tard dans la région de Marangatu dans l’état de Mato Grosso do Sul par des hommes de mains d’une ferme. Jusqu’à maintenant, personne n’a été puni pour ce crime, et la région de Marangato pour laquelle Marçal se battait n’a pas été définitivement reconnue par l’Etat Brésilien.
Texte traduit de l’anglais par Virginie trouvé sur “Guarani People, Great People”, un site qui s’engage pour une aide solidaire envers les Guarani.
Le flyer du distributeur du film Trigon
Un site à consulter absolument pour comprendre les enjeux ainsi que les moyens de changer la situation des Guaranis Un avenir pour les Guaranis
Le site de Survival International Mouvement pour les Peuples Indigènes
Dossier de presse
Le film de Marco Bechis
A la suite d’un nouveau suicide parmi les membres de leur communauté, un groupe d’indiens Guarani-Kaiowà du Mato-Grosso, emmenés par Nadio et un vieux chaman, décide de retourner sur leurs terres ancestrales. Celles-ci sont devenues la propriété d’un riche fermier qui ne voit pas d’un bon œil cette troupe dépenaillée qui s’installe au bord de la route. Un de ses employés les surveillera depuis une caravane placée près du campement. Pendant ce temps, la vie s’organise, vaille que vaille. Le vieux chaman enseigne son savoir à son successeur désigné, Osvaldo, qui est tout aussi intéressé par la vespa, et la fille du fazendeiro qui se trouve dessus.
En plaçant son récit du point de vue des Indiens, l’Italo-Argentin Marco Bechis subvertit les clichés anthropologiques qui leur sont liés. Il nous livre ainsi un récit très réaliste pourtant teinté d’un humour corrosif qui évite tout misérabilisme. Source sur la page officielle du film distribué par Trigon.

birdwatchers
Pour mémoire :
- Le Festival Filmar en America Latina
- Le Cinéma Bellevaux : site officiel
- Le Blog du Cinéma Bellevaux
- La newsletter du Bellevaux
- BelEcran, l’association de soutien au Bellevaux et au City Pully
- Le Blog du City Club de Pully
- Le site du distributeur Trigon
