Nouveau Zinéma après travaux
Cet article que j’avais rédigé avait été publié par 24 Heures le 16 février 2005. Il présente les modifications apportées à la salle pendant l’été qui ont permis d’ouvrir deux petites salles et de garder l’ancienne pour les soirées. Nouvel aménagement, avec un bar ouvert tous les jours.
Le Zinéma ouvre une seconde salle: naissance du “premier miniplex de Lausanne” Par Virginie Pfeiffer, le 16 février 2005
Le Zinéma, microsalle de 25 places à la rue du Maupas 4 à Lausanne et autoproclamé “dernier monoplex lausannois” est en passe d’avoir une petite soeur. Laurent Toplitsch (photo), fondateur de l’Association Microciné dont dépend le Zinéma, fait le pari d’ouvrir sa seconde salle à la programmation alternative, malgré le caractère peu commercial du genre.
Le projet, en ce moment-même en attente d’éventuels financements de la commune ou du canton, devrait voir le jour cet été, si tout se passe comme prévu. Les travaux ont d’ores et déjà commencé, assurés par quelques courageux bénévoles de l’association Microciné. Il s’agit de transformer un ancien atelier attenant à la structure actuelle en salle de cinéma… Malgré l’état insalubre du lieu en question, rien ne semble effrayer ce passionné qui a déjà passé par là lors de la construction de la première salle. La forme exacte de ce “multisalle” en gestation n’est cependant pas encore clairement définie. Trois architectes ont joué le jeu en présentant la semaine passée trois projets hautement intéressants, permettant d’adapter totalement, ou en partie, la structure déjà existante.
Le fier “dernier monoplex”, bientôt renommé avec malice “premier miniplex de Lausanne”, n’est-il pas en proie à une folie des multiplexes, à la mode en ce moment? “Il ne faut pas se méprendre sur la démarche”, indique d’emblée ce féru du septième art qui ne fait rien comme les autres; son but n’étant pas de faire concurrence aux gros du business (Europlex, Cinérive ou Ciné Qua Non), mais d’avoir des salles de petite capacité: “Nous préférons n’avoir pas grand-monde dans une capacité réduite, car ce qui nous intéresse, c’est de travailler sur l’offre.”
L’intelligence de la démarche consiste à allier une volonté légitime de diversifier une offre peu présente dans les réseaux commerciaux de distribution à une structure adéquate pour son public. En tant que scénariste, aussi, (On dirait le Sud, Prix du cinéma suisse au Festival de Soleure 2003), l’exploitant est investi d’une mission de promotion de la production de son pays. Ce qu’il fait par des actions aussi diverses et significatives que passer des courts-métrages suisses en avant-programme de chacun de ses films, accueillir les séances mensuelles de KinoLausanne, (association d’inspiration québécoise dont le mot d’ordre est “Faites bien avec rien, Faites mieux avec peu, mais Faites-le tout de suite!’’) ou encore participer à de nombreux festivals régionaux (LUFF, les Urbaines, Filmar, Objectif). “C’est important de mener ces deux activités de front, parce que pour moi, elles sont complémentaires. Je pense que comme scénariste actif dans le cinéma suisse, je suis plus crédible en tant qu’exploitant, puisque notre objectif est de défendre la cinématographie et les films suisses lorsqu’ils ne sont pas distribués, ce qui est souvent leur cas.”
Il faut donc garder les yeux rivés sur la microsalle qui bouge, puisqu’elle a conclu tout récemment un partenariat avec la Cinémathèque Suisse, qui se teste dès maintenant avec un mini-cycle François Ozon qui nous permettra de découvrir ses films jamais projetés en Suisse (“Regarde la mer” du 9 au 22 février à 20 h, puis du 23 février au 10 mars “Les amants criminels” à 19 h 30), et en complément, de redécouvrir des pièces maîtresses à la Cinémathèque (Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, Huit femmes, Sous le sable).