Article du 24 heures du 15 mai 2007
Le film La vie des autres, un jackpot pour le City Club
PULLY | 00H34 Le film oscarisé sur les méthodes de la Stasi dans l’ex-RDA est le plus grand succès de la salle depuis 1983. Son administrateur Marc Pahud est aux anges.CÉLINE FONTANNAZ | 18 Mai 2007 | 00h34
Marc Pahud jubile. La vie des autres , à l’affiche du City Pully, cartonne. Et c’est peu dire: il s’agit même du plus grand succès de la salle depuis son rachat par Cinérive en… 1983. «A l’affiche depuis six semaines, nous avons fait plus de 8000 entrées; du jamais vu au City Pully», se réjouit Marc Pahud, codirecteur de Cinérive. En effet, fortement concurrencé par les multiplexes, le cinéma de 250 places réunit d’ordinaire une moyenne de 300 spectateurs par semaine. Cinq cents à l’occasion des bonnes sorties.
La recette de la réussite tient pour une part à l’œuvre, qui a décroché l’Oscar du meilleur film étranger après avoir été refusé aux Festivals de Cannes et de Berlin. Sans doute aussi aux très bonnes critiques de la presse romande. Mais également à la ténacité de Marc Pahud, qui a notamment obtenu l’exclusivité en région lausannoise. «J’ai discuté avec Europlex (n.d.l.r.: désormais Pathé) . Ils m’ont dit avoir une trop grande programmation pour cette période et me l’ont donc laissé.» Affirmation confirmée par Pathé Lausanne qui ne regrette pas son choix. «Nous sommes contents que le City Pully ait un film qui fonctionne bien», répond, bon prince, son directeur, Teodor Teodorescu.En déficit depuis vingt ans
C’est à l’occasion du Festival de Locarno 2006 que l’administrateur du City Pully et du Bellevaux entend parler de La Vie des Autres. Quelques mois plus tard, rebelote: des amis parisiens lui vantent les mérites du premier long-métrage de Florian Henckel von Donnersmarck. Marc Pahud s’adresse alors au distributeur, Buena Vista à Zurich: «Ils n’étaient pas très chauds pour le sortir en Suisse romande.» «Il faut savoir que les films allemands ont souvent de la peine ici», explique Marcel Dinten de Buena Vista. L’Oscar décerné fin février et les bons chiffres en France convainquent finalement le distributeur de se lancer à l’eau. Bilan: le film fait un carton dès la première semaine en Romandie.La performance de l’opus allemand vient naturellement mettre du beurre dans les épinards de la salle pulliérane, qui accuse un déficit chronique de plus de 200′000 francs depuis vingt ans. «Cela va l’aider à remonter un peu la pente», se réjouit Marc Pahud. Mais plus largement, c’est à ses yeux la preuve «absolue» que les vieilles salles à écran unique ont encore leur place au milieu des multiplexes: «Si le film est bon, les gens se déplacent!» La vie des autres devrait rester à l’affiche au moins jusqu’à l’été.
Trop de films seraient-ils à l’affiche en même temps depuis un an?
Réalisant un carton à Pully, le film La Vie des Autres est étonnamment absent des écrans lausannois. Une curiosité qui s’explique en partie par l’abondance des sorties. Chaque semaine, ce sont six, parfois sept films qui sortent en même temps. «Même moi, je dois dire que je m’y perds», confesse Teodor Teodorescu, patron de Pathé Lausanne, qui a renoncé à programmer le film allemand.
Cette multiplication des sorties est une réalité depuis une année. La faute aux gros studios américains? «Non. On assiste plutôt à une multiplication des films d’auteurs, sortis par des distributeurs indépendants.»
Conséquence de cette profusion: le bouche-à-oreille n’a pas le temps de s’installer que le film a déjà parfois quitté l’affiche pour faire place au suivant. «Je trouve que certains films n’ont pas la chance qu’ils méritent, confie Teodor Teodorescu. Les clients ne peuvent pas être partout. On atteint une certaine limite et j’espère que les distributeurs vont ralentir un peu le rythme.»
J. MA.




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