Juventude em marcha / en avant jeunesse de Pedro Costa (2006, Portugal – Suisse – France, 2h35 Avec Ventura, Beatriz Duarte, Vanda Duarte, Gustavo Sumpta, Cila Cardoso) sera en projection unique au City Club le mercredi 24 juin à 20h00, en présence de Freddy Buache qui va présenter le film au public.
Sur le film :
- Article dans Lemonde.fr
- Page du film sur Arte, coproducteur
- Entretien avec Pedro Costa par Les Cahiers du Cinéma
Critiques
Sans renoncer à son exigence au niveau des arts plastiques, à ses fascinants plans fixes dans lesquels le temps reste en suspens, Costa sculpte le verbe documentaire de la forme littéraire et parvient à faire en sorte que ses acteurs qui ne sont pas des professionnels du cinéma s’expriment avec une diction presque mythique. (LeMonde)Le grand cinéaste portugais revient avec un film tourné en numérique composé de plans fixes aux personnages mouvants qu’on croirait composés dans un atelier du début de la Renaissance, de perspectives incroyables, et aussi de lumières obliques créant des ombres profondes comme sur les photos de chanteurs de jazz. (Les Inrokuptibles)Un monument, un de ces rares films qui montrent de quoi le cinéma est capable de faire à un moment donné de son histoire esthétique et de son évolution technique. Le cinéaste portugais filme ses personnages comme un tableau politique (…), sans artifice, sans se préoccuper à les embellir, rehaussant tout simplement l’humanité dans toute sa splendeur, authenticité et véracité (Les Cahiers du Cinéma)
En avant jeunesse fait la peinture du rêve impossible de refondation d’un collectif disloqué par la logique des sociétés occidentales. Isolés des autres par les blanches parois de leurs nouveaux logements standardisés, les habitants de Fontainhas survivent. Des morts-vivants en sursis, comme Vanda, la guerrière trash autour de laquelle gravitait un petit monde, et qui carbure désormais à la méthadone. Elle a eu une fille, mais pas le droit de l’élever. Bouffie, elle fait des ménages, passe le plus clair de son temps allongée sur son lit devant la télé. “J’ai l’impression d’être en deuil de moi-même”, dit-elle à Ventura.Trop grand pour les embrasures de porte des petites cages à lapin dans lesquelles on veut le parquer, Ventura fait vibrer chaque endroit de sa présence, de son verbe envoûtant, de la longue et dure histoire d’ouvrier émigré dont il est chargé. Il est celui qui panse les plaies, écoute, invente une belle lettre d’amour pour l’ouvrier vivant loin de chez lui. Extrait de la critique de Isabelle Regnier pour Le Monde










