La dernière séance

Posted in Ciné Qua Non, Cinémas, Evénements, lausanne on juillet 1st, 2006 by Virginie

Les premières photos de la dernière séance du Ciné Qua Non

barmaids

Hier soir a eu lieu la dernière séance du Ciné Qua Non à la rue Mauborget 10 à Lausanne. Une bonne centaine de visiteurs s’y sont retrouvés au cours de la soirée, entrant et sortant de la salle pour faire honneur à la bière ainsi qu’aux pop corns généreusement offerts par la direction. A l’issue de la soirée, tout le monde a pu se rendre compte des raisons qui ont toujours poussé les exploitants de cette salle à interdire ces grains de maïs soufflés qui ont fini par recouvrir d’un duvet presque hivernal les sols du hall et de la salle, donnant ainsi comme une sorte de baptême du feu à cette salle qui n’en avait jamais vu la couleur.

La bière coulant à flots, le bar et le Café Corto étaient le centre de l’attention de tous; le foyer aura été animé pour une dernière fois d’hilares ecaliens et autres amis du cinéma un peu alcoolisés, rejoints plus tard par quelques supporters du mondial venus y finir leur soirée, attirés par l’animation et par les effluves de malt.

Dommage que les exploitants de cette salle qui n’est plus ne se soient pas exprimés face aux spectateurs, qui aurait été une manière d’authentifier cette fin qu’ils ont tout de même tenu à célébrer. Le Ciné Qua Non n’aurait-il pas mérité quelques mots d’adieux, de ses employés, de ses exploitants, de ses spectateurs? Cela dit, l’Atlantic n’aura même pas eu droit à une “dernière séance” annoncée comme telle!

Un journaliste de 24 Heures est venu faire ce travail de recueil de témoignages, interviewant la plupart des employés qui se trouvaient là, les exploitants MM. Cattaneo et Steiner ainsi que quelques spectateurs qui se retrouveront dans un article prochainement (j’imagine lundi).

Des visiteurs connus du monde cinématographique lausannois ont fait acte de présence, sans être exhaustive et dans le désordre : Lionel Baier, responsable de la section cinéma de L’ECAL, réalisateur (Garçon Stupide, La Parade), et est à la tête d’une boîte de production, Saga Production, qui se trouve juste à côté du Ciné Qua Non. Aussi présents : André Chevailler, responsable de la photothèque de la Cinémathèque Suisse, Marc Pahud, coadministrateur de Cinérive, Robert Dutoit de L’ECAL, Marc Olivetta ancien élève de l’ECAL, Virginie Lièvre, la comédienne, aperçue en fin de soirée, Nicolas Veuthey, ancien élève de l’ECAL dont le film de diplôme “Murphy” a été projeté, Tania Zambrano-Ovalle, réalisatrice, et Anthony Vouardoux, réalisateur, qui a passé en vitesse au début de la soirée…

Ciné Qua Non

Dès 22h30, des Jurassiens sont arrivés, armés de visseuses électriques, de casse-croutes et de lampes de poche pour démonter, dès la fin de la séance, les sièges verts du Ciné Qua Non, qui prolongeront ainsi leur vie dans un cinéma de Porrentruy. L’armada de démonteurs a comme sonné le glas de cette salle, au son du concert de perceuses-visseuses Bosch. Une fois dévissés, les sièges ont été entreposés dans le hall alors que les derniers nostalgiques n’étaient pas encore partis, puis chargés dans un camion à remorque arrivé vers 1h00 du matin.

démontage des sièges du Ciné Qua Non

Le démontage se poursuit en ce moment-même : le projecteur ainsi que tous les appareils de la cabine poursuivront leur vie dans les nouveaux locaux de l’ECAL dans l’ancienne usine Iril à Renens. Quant au Café Corto, ses vitres estampées Hugo Pratt, ses tables aux dessins des aventures de Corto Maltese, ses fresques, ses chaises sont d’ores et déjà déménagés à Cinétoile, le multiplexe également géré par MM. Cattaneo et Steiner dans le centre Malley Lumières.

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Une fin festive?

Posted in Annonces, Ciné Qua Non, Cinémas, Evénements, lausanne on juin 24th, 2006 by Virginie

La clôture de la salle de Mauborget 10, connue sous le nom Ciné Qua Non, aura lieu vendredi prochain, soit le 30 juin

Pour l’occasion, dès 18 heures, l’ECAL (Ecole Cantonale d’Art de Lausanne) a carte blanche et vous propose, gratuitement, plus de cinq heures de courts-métrages. Le programme détaillé n’est disponible que sur le site de Base-Court et non pas sur celui de l’ECAL (en tout cas mes recherches ont été vaines…)

Ce seront des courts issus des différents workshops au sein des divers départements de la célèbre école. Tous les genres ou presque, des réalisateurs connus ou des tous frais à découvrir, ce qui semble être une sympathique manière de faire tourner pour une dernière séance, les projecteurs d’un cinéma déjà regretté.

La jeunesse de l’ECAL, que l’on aime ou non son “style”, prend ainsi symboliquement le flambeau de la relève; de l’agonie déprimante d’une salle qui fut mythique, pourrait-il émerger une naissance glorieuse?

Ajoutons tout de même que le pop-corn sera de la partie “pour la première et dernière fois” (je cite l’annonce sur les sites web de Cine Qua Non et Cinétoile), et que les boissons seront offertes jusqu’à épuisement du stock.

Venez nombreux, amenez vos amis, venez dire adieu à notre cinéma!

Nouvelles pas très joyeuses des salles lausannoises

Posted in Annonces, Association, Ciné Qua Non, Cinémas, City Club, belecran, bellevaux, lausanne, sagesse on mai 11th, 2006 by Virginie

Il y a quelques semaines les cinémas défrayaient la chronique pour des questions syndicales : la situation précaire des employés de cinéma était mise en cause par UNIA notamment, et voilà que tout à coup tout le petit monde des cinémas, surtout à Lausanne, change de manière terrible et presque effrayante.

Pour ceux qui n’ont pas vu les journaux des deux semaines dernières : en gros, le Ciné Qua Non va fermer le 30 juin, et Europlex se fait racheter par encore plus gros que lui : Pathé… L’exploitant prend ainsi la première place au top des exploitants les plus importants en nombre de sièges en Suisse, devant Kitag. En septembre, Europlex ne sera plus.

La mort attendue mais tristement réelle désormais du Ciné Qua Non, faisant suite aux multiples fermetures de salles à écran unique par Europlex ces dernières années (Le Bourg, Le Lido, L’Athénée, L’Eldorado, L’ABC, Le Palace 1 et 2) ainsi que la fermeture du Richemont l’été dernier par ses propriétaires après une lutte pour trouver des films, c’est maintenant le tour de toutes les dernières salles de la ville qui peinent à joindre les deux bouts sans aide d’une association quelconque.

Il semblerait que l’avenir des salles uniques ou petits miniplexes du genre Zinéma ne soit possible que sous le mode de l’association. Tels Le Bellevaux, sauvé de la fermeture par l’Association BelEcran mais toujours pas dans les chiffres noirs, l’Oblò, et actuellement un projet pour sauver Le Capitole de Lucienne Schnegg qui se met en marche gentiment. A ce propos, si cela vous intéresse de vous joindre au projet, veuillez laisser un commentaire sur ce post afin que je puisse vous contacter et vous donner de plus amples informations.

Mais pour en revenir à la situation actuelle des cinémas, c’est une véritable crise des écrans, une situation où les multiplexes l’emportent joyeusement face aux indépendants qui ne peuvent plus avoir de films en exclusivité notamment. Il est clair que par exemple pour le Ciné Qua Non, contrairement à la missive des deux administrateurs de Cine Qua Non SA, la faute n’est pas uniquement celle des autres. Incriminant la Ville de Lausanne pour son manque de soutien au cinéma, les distributeurs pour ne plus leur donner d’exclusivité et le caractère “malfamé” du quartier de Bel Air, MM. Cattaneo et Steiner restent bien trop muets sur leurs responsabilités personnelles dans cette histoire.

Mais que dire de plus? Que c’est la faute à tout le monde et à personne en même temps, de toute façon nous ne saurons jamais vraiment ce qui s’est passé… Ce qui est évident, c’est que c’est la guerre pour survivre, que les petits crèvent et les gros rigolent!

Pour clore sur un post si triste et désabusé, je vous invite à aller voir vos films plutôt au Capitole que chez Europlex, à aller au Bellevaux, à devenir membre de BelEcran, ce qui vous permettra de payer votre place 10.- et aussi par la même occasion de soutenir un petit cinéma de quartier à la programmation très intéressante. Quant au City Club de Pully, c’est aussi le moment de se mobiliser pour lui, car nous ne savons pas très bien pour combien de temps il demeurera.

Agir pour sauver les salles, c’est y aller, en parler autour de vous, prendre conscience que la simplicité qu’offrent les multiplexes (on choisit sur place le film, etc.) ne fait que rendre encore plus difficile la survie des petites salles, qui ont besoin de spectateurs pour prouver aux distributeurs qu’ils en valent la peine!

Alors amis cinéphiles, mobilisez-vous!

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