Terrascopia : regardons la Terre de près…

Posted in Annonces, Cinémas, Evénements, belecran, bellevaux, critique de film, environnement, lausanne, passerelle, écologie on mai 8th, 2007 by Virginie

Le cinéma Bellevaux , géré par Konrad Waldvogel, prend une direction résolument écologiste. Soucieux de respecter la planète, l’exploitant l’a prouvé en projetant Une Vérité qui dérange , le documentaire de Davis Guggenheim sur Al Gore et son combat pour sensibiliser au réchauffement climatique pendant une vingtaine de semaines, envers et contre tout, parce que ce film “se devait d’être vu”.

Le cinéma Bellevaux

Partant du point de vue que le cinéma sert à sensibiliser et qu’il peut changer le monde, ceci dans une vision qui semble de plus en plus utopiste mais qui nous tient à coeur, à nous, professionnels; Konrad a laissé sa conscience parler et s’est donné à coeur joie dans l’affichage de tous les articles de presse de ces derniers mois concernant le réchauffement climatique - et il y en a eu! - sur à peu près tous les derniers centimètres carrés disponibles dans le hall de son cinéma.

Son implication personnelle ne s’arrête pas là pour autant : une fois Une Vérité qui dérange retiré de la programmation, Konrad a persévéré dans sa démarche en vendant le DVD du film, reversant tous les bénéfices au WWF et a changé ses habitudes dans le but de faire des économies d’énergie : changer toutes les ampoules pour les remplacer par un modèle moins gourmand en électricité, ou couper la lumière dans le hall entre les séances. Relevons aussi le fait que l’exploitant écolo ne sort sa voiture que lorsqu’il n’en a pas le choix, roulant la plupart du temps en scooter.

Son souci s’est fait entendre, et ses idées se sont répandues au sein du comité de l’Association BelEcran dont le but est de soutenir le cinéma Bellevaux et qui est en charge aussi de mettre en place les séances Passerelle, qui, ce mois-ci, tourneront autour de l’environnement. Du 9 au 15 mai, le programme se met au vert avec un titre évocateur Terrascopia, nous proposant de scruter de près ce qui se passe sur la planète pas si bleue que ça.

Au programme donc, tous les soirs du 9 au 15 mai à 20h45un film traitant de l’état de notre planète, et des intervenants qui, après le film, pourront répondre aux questions, débattre avec le public et surtout, proposer des solutions. Ce petit festival écolo s’ouvrira donc demain mercredi 9 maiavec la projection de Le Front des Cerisiers de Kenishi Watanabe (Japon).

Cerisiers en fleur
“À chaque printemps, au mois d’avril, le peuple japonais a rendez-vous avec ses cerisiers, dont la fleur symbolise la beauté et l’impermanence de toute chose. Depuis 1955, à la télévision, les bulletins météo décrivent quotidiennement l’avancée des éclosions : bourgeons, fleurs fermées, semi-ouvertes, complètement écloses. Et les foules de promeneurs suivent à la trace la progression des floraisons. À Tokyo, entre amis ou en famille, on se réunit sous les arbres sacrés pour chanter, danser et manger…” Source
Le débat sera animé par Adèle Thorens, responsable de la formation au WWF Suisse, éthicienne et politologue de formation, engagée en politique dans le parti des Verts et siégeant au Conseil Communal lausannois. Son blog personnel que j’ai visité au cours de mon périple internaute m’a menée notamment sur un article très intéressant que je vous conseille de lire sur la dimension éthique du nucléaire.
En Résumé : Il est habituel de parler du nucléaire en termes économiques, jamais en termes éthiques; c’est pourtant ce qui paraît le plus problématique avec le nucléaire : le fait de laisser nos déchets à nos descendants, le fait de prendre une décision ici et maintenant pour des avantages sur le court-terme et des dommages sur le long, très long terme.
Adèle Thorens réfléchit et s’engage concrètement en faveur d’une meilleure qualité de vie des lausannois. Nous lui devons des idées comme celles d’équiper les logements de la Ville d’appareils ménagers énergiquement économes, et de mettre en place un système de vaisselle consignée lors des manifestations.
Jeudi 10 mai Si le vent soulève les sables , fiction de Marion Hänsel qui parle de la désertification, du manque d’eau et de l’exode de tout un peuple. Le WWF sera présent pour le débat.
Vendredi 11 mai Luc Job de l’ADER interviendra après le film Workingman’s Death de Michael Glawogger qui dépeint “cinq portraits de travail exténuant de moins en moins visible dans notre 21e siècle technologique” Tiré du dossier de presse.
L’ADER, c’est L’Association pour le Développement des Energies Renouvelables. Le site de l’association permet de découvrir et d’apprendre tout sur les énergies renouvelables, proposant un petit ABC didactique. Des réponses aux questions : comment ça marche?, combien les appareils consomment? et surtout des solutions pour consommer moins, ou consommer intelligemment. J’y ai appris ce qu’était l’énergie grise; vous le savez, vous? Réponse : C’est l’énergie utilisée pour fabriquer, emballer, distribuer et éliminer un produit.
Samedi 12 mai l’Association Equiterre sera représentée par Natacha Litzistorf pour parler des questions posées par le film Notre Pain Quotidien, documentaire de Nikolaus Geyrhalter qui enquête sur les conditions industrielles de production de nos aliments. Lire la critique ici.
Equiterre s’investit “pour des choix écologiques et socialement équitables” et a pour mission de “contribuer à bâtir un mouvement citoyen en prônant des choix individuels et collectifs écologiques et socialement équitables” et cela par quatre programmes :

  • Agriculture écologique
  • Commerce équitable
  • Transport écologique
  • Efficacité énergétique
Aboutissant tous sur des projets développés pour que le citoyen puisse avoir des gestes positifs et concrets sur l’environnement et la société, en proposant, par exemple, des évaluation des dépenses énergétiques des ménages dans le but de changer les habitudes de consommation.
Dimanche 13 maià ne pas manquer, l’Erreur Boréale (1999), un film co-réalisé par Robert Monderie et Richard Desjardins, poète et chanteur québécois originaire de la région au nom musical d’ “Abitibi-Témiscamingue” région boréale dont il déplore la déforestation dans son documentaire. Le lancement ou trailer donne le ton : l’on voit Richard Desjardins s’exprimant en ces termes :

J’ai pris un petit avion, j’ai survolé le lac Abitibi pour aller voir ce que la compagnie faisait. Je me suis demandé si c’était normal qu’on déboise d’aussi grandes surfaces. Personne n’en parlait, peut-être parce que personne ne savait. Parce que la plupart des gens se déplacent en auto aujourd’hui et que les lisières boisées de chaque côté de la route empêchent de voir ce qui se passe.

Les images sont fortes : des hectares de forêt coupés à blanc. L’erreur boréale, est un film choc qui souleva de nombreux débats lors de sa sortie ainsi qu’une sérieuse critique de la gestion des forêts dans le nord du Québec. Il dénonce l’aveuglement des politiciens avides rendant impossible une économie respectueuse de l’environnement. Le film se positionne donc clairement en opposition avec la version officielle des faits. L’impact a été concret, car, suite à cette dénonciation d’une exploitation abusive et erratique de la forêt boréale québécoise, la loi sur les forêts en a été modifiée en 2005.
“En Abitibi, toutes les aurores sont boréales et tous les crépuscules rabaissent le caquet des dieux. Ce n’est pas un pays, c’est une leçon d’humilité.”
Serge Bouchard, L’homme descend de l’ourse: Éloge de l’Abitibi, Boréal, 1998.
“… le Témiscamingue constitue une terre à part, ayant une identité particulière, où alternent des paysages grandioses faits d’immensités de lacs, de riches plaines agricoles très étendues et de collines peuplées de conifères et de bouleaux.”
Paul Simier, Journal de Montréal, 8 février 2003
Abitibi
Lundi 14 mai l’on parlera après le film documentaire de Bernard Debord,Le Soleil et la Mort, d’énergie nucléaire. Le débat sera animé par Isabelle Chevalley présidente du groupe de réflexion Ecologie Libérale qui représentera “Sortir du Nucléaire”. Le Temps lui a consacré un dossier spécial le 5 février dernier sous le titre “Isabelle Chevalley, comme un air de Nicolas Hulot”.
Concernant le film, il s’agit d’une enquête sur les conséquences réelles de la catastrophe Tchernobyl en Biélorussie en chiffres et en images officieuses, montrant l’effet à long terme des retombées radioactives sur la santé des habitants, toujours nié par les autorités.
Vous pouvez trouver des informations sur le film sur le site de la TSR qui l’avait diffusé dans le cadre de 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl.
Il est intéressant de voir, en se baladant sur le site de Sortir du Nucléaire, que les moyens pour se passer du nucléaire sont là, et il sera intéressant de comprendre avec Isabelle Chevalley pourquoi la Suisse n’applique pas ces solutions :

  • Cogénération : combiner la production de courant et de chaleur en remplaçant les chaudières actuelles par des appareils permettant de produire du courant électrique
  • Efficacité énergétique : qui consiste à stopper le gaspillage, à utiliser rationnellement le courant produit, en utilisant des appareils moins gourmands et en faisant la guerre au stand-by
  • Baisse des exportations de courant, car la Suisse exportait en 2001 selon les informations du site sortir du nucléaire, 19% de son courant produit
  • Utilisation des énergies renouvelables
    Lire l’article complet
Mardi 15 mai Hors les Murs un film de Pierre Barougier et Alexandre Leborgne qui présente le cas unique d’une prison à ciel ouvert aux Philippines sur une île où les détenus, la plupart condamnés pour meurtre à des peines lourdes, s’autogèrent dans cette ferme pénale un peu particulière.
En espérant que la pluie de ces derniers jours pousse le plus de monde possible aux portes du cinéma Bellevaux, car il y a de quoi changer le monde.
technorati tags:

Cinéf’estival 2006

Posted in Annonces, Cinémas on septembre 29th, 2006 by Virginie

Affiche du Cinéf'estival

Le programme détaillé est disponible et se trouve à cet endroit. Plus automnal qu’estival depuis qu’il a été repoussé à début octobre, ce festival composé d’avant-premières, de rétrospectives, et en général de courts-métrages, est concocté chaque année par les administrateurs de Ciné Qua Non SA (qui comprend les six salles de Cinétoile), entreprise dont le nom est l’unique vestige de la salle éponyme fraîchement disparue.

L’événement phare à mon sens de cette édition sera sans hésiter la première de Mon Frère se marie de Jean-Stéphane Bron (Mais im Bundeshuusou Le Génie Helvétique) pour la soirée d’ouverture mercredi 4 octobre à 20h30 à Cinétoile, en présence de l’équipe du film qui compte notamment Jean-Luc Bideau.

Le jeune cinéaste suisse qui fait partie de cette fameuse “relève” a un lourd poids sur ses épaules, puisque son documentaire sur les coulisses du Palais Fédéral autour de la commission parlementaire chargée de débattre au sujet de la loi sur le génie génétique avait fait un tabac dans les salles à sa sortie en 2003 (plus de 100′000 entrées d’après Procinema. Ce succès, pour un film suisse en Suisse, (900′000 entrées pour les Faiseurs de Suisses, qui détient le record) risque d’être difficile à surpasser. Attendu au tournant suite à son succès de 2003, il l’est aussi de par son passage du documentaire à la fiction. Lire ceci à ce sujet.

Quelques changements cette année, comme l’abandon de la compétition de courts-métrages organisée par Base-Court. Remplacée par une soirée de courts-métrages de l’ECAL essentiellement, l’on regrettera certainement la diversité de genre et de ton des petits films présentés en avant programme des longs-métrages en compétition.

Les projections gratuites à la Place de la Louve ont tristement disparu, elles aussi, du programme. L’endroit était pourtant bien trouvé pour une toile sous les étoiles : une jolie petite place pavée, naturellement inclinée pour le cinéma - au sens propre et figuré-, et qui représentait depuis quelques éditions une sorte de marque de fabrique.

Mais trêve de nostalgie : restons ouverts à ce que nous propose la nouvelle édition, résolument placée sous le signe de Cinétoile. Et pour les autres, il y a la Cinémathèque qui participe chaque année au Cinéf’estival, et le Musée Olympique avec une avant-première vendredi 6 du documentaire de Philippe Parreno et Douglas Gordon intitulé Zidane un portrait du XXIè siècle à 18h00 et 20h00.

technorati tags:

Site en re-construction

Posted in Annonces, informatique on septembre 18th, 2006 by Virginie

Le changement de look ne s’étant pas passé sans problèmes, notamment à cause de mes lacunes en code et en CHMOD, certains liens ne fonctionnent plus, les archives ne sont plus disponibles etc… Je planche depuis hier sur l’affaire avec beaucoup d’aide de Steph (merci encore!!!) et cela devrait bientôt être résolu!

Au cas où vous avez des problèmes similaires en changeant votre thème sous Wordpress (les autorisations qui ne fonctionnent pas pour le modifier), lisez ceci.

Une association pour le Capitole?

Posted in Annonces, Cinémas, lausanne on septembre 17th, 2006 by Virginie

Le Capitole

Peut-être avez-vous entendu parler de La petite Dame du Capitole, film de Jacqueline Veuve, mais surtout, la véritable histoire de Mademoiselle Lucienne Schnegg, qui officie chaque jour dans ce cinéma de l’Avenue du Théâtre 6 à Lausanne, le Capitole.

Ce documentaire, qui nous montrait la directrice-caissière-nettoyeuse de quatre-vingts ans, toujours pleine d’énergie, avait suscité un regain d’intérêt pour sa salle mise à mal par une compétition acharnée entre exploitants du parc de salles lausannois, puisque largement dominé par l’un d’entre eux en quasi monopole. Toutefois, la frénésie du film étant retombée, il semblerait que les difficultés financières ne se soient pas envolées pour autant, laissant un point d’interrogation quant à son avenir.

Cette salle, qui date de 1928 et qui comptabilise 867 places, est devenue l’une des rares rescapées de la terrible épidémie de fermeture des salles à écran unique à Lausanne (il ne reste que le Bellevaux, les cinémas associatifs comme le Zinéma ou l’Oblò, et le City Club qui se trouve à Pully, en banlieue lausannoise), phénomène qui cependant touche toutes les villes, ainsi que tous les cinémas du monde, nous le savons bien.

Par son cachet et sa taille imposante, ce cinéma représente une sorte d’âge d’or du septième art, et est malheureusement sur la voie de la fermeture pour cause de manque de rentabilité, ce qui serait une grande perte du point de vue historique et qui constituerait une victoire des supermarchés du film.

La Petite Dame du Capitole a donc une énorme responsabilité, ainsi que de nombreux frais à assumer pour que sa salle demeure. Il est évident qu’elle ne pourra s’en sortir seule très longtemps à ce rythme, et l’idée de créer une association de soutien, à l’image de Belecran qui a permis de remettre à neuf le Bellevaux et qui désormais s’occupe aussi de trouver des fonds pour le City Club a été lancée par Madame Suzanne Déglon Scholer, enseignante, cinéphile et amie du Capitole parmi tant d’autres choses.

Elle propose dans un premier temps de procéder à un “examen de conscience et à un sondage autour de soi pour voir s’il est possible de mettre sur pied une association de soutien au Capitole”. Il s’agit, explique-t-elle, de créer un comité de cinq membres, de trouver des membres cotisants, et d’organiser la recherche de fonds auprès notamment de la Loterie Romande “pour effectuer quelques installations urgentes dans le cinéma”, dans le but, peut-être, d’en faire une salle polyvalente soutenue par Lausanne.

Vous l’avez compris, le Capitole a besoin de contacts, de personnes prêtes à s’investir plus que tout en ce moment. Ainsi, si ce projet vous intéresse, ou que vous connaissez des personnes que cela pourrait intéresser, je vous invite à laisser un commentaire sur ce blog, ou à m’envoyer un mail, que je ferai suivre à Mme Déglon Scholer.

Laissez un commentaire sur ce billet pour me contacter!

technorati tags: