Un cinéma est mort, que vive la solderie!

Posted in Annonces, Cinémas, lausanne, pensée on juillet 15th, 2006 by Virginie

En ces chaleurs torrides donnant comme une aura particulière à ce Festival de la Cité, la liberté est à deux pas; le monde à portée de main pour le Lausannois. La vie paraît soudain moins lourde, la facilité si déconcertante de passer des nuits bleues à la belle étoile, dans la douceur d’un bois humide… A tel point que les tracas ou les horreurs de la vie quotidienne s’estompent, voilés qu’ils sont par cette frénésie d’errance nocturne, magique redécouverte annuelle de notre cité.

Ainsi nous n’avons pas pris garde, - le mondial ayant peut-être aggravé notre aveuglement - , nous n’avons pas vu qu’en l’espace de deux petites semaines, le désormais feu Ciné Qua Non s’était transformé en une caverne d’Ali Baba hérissante. Alors que les nuits sur la Place du Château sont douces, musicales et que les druides dansent à l’orée des bois, que tout invite au vagabondage estival, le cinéma est désormais mort et éventré dans sa tombe béante, un gouffre mal éclairé rempli des fantômes encore vivaces d’une salle qui vient de fermer.

Sur ses décombres encore fumants, un chaos infâme, miroirs d’une chute terrible et abrupte. L’enseigne lumineuse laisse derrière elle une dalle grise écorchée; sur les murs jaunes de l’ancien Café Corto se devinent les cadres des originaux de Hugo Pratt, alors que le vaste espace dénudé s’étend devant nous couvert d’un bric-à-brac, gisant çà-et-là, à travers le hall.

Le trou béant de ce que fut l’écran, avec les trois coffres dans lesquels logeaient les hauts-parleurs laissent entrevoir l’arrière-scène, à travers une toile noire, déchiquetée. Quelques minutes de plus et des esprits s’en échappaient.

Paix à ton âme

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Willy DeVille

Posted in Evénements, artistique, blues, musique on juillet 9th, 2006 by Virginie

Mise à jour du 15 juillet afin de respecter les droits d’auteur

Ayant découvert très récemment cet artiste américain New Yorkais aux multiples origines (iroquois, basque, espagnol…), tombé amoureux de Paris la ville lumière et fervent admirateur d’Edith Piaf (eh oui!) ce qu’il faut savoir, c’est que Willy DeVille est un mélangeur talentueux de cultures. En 1977, c’est avec son groupe de punk Mink DeVille qu’il enregistre son premier album, et aujourd’hui il est surtout reconnu pour ses sonorités très New Orleans, ville dans laquelle il est établi depuis les années 90.

C’est avec Mark Knopfler qu’il compose la musique du film Princess Bride : Storybook love.

Sa force réside dans les différents styles qu’il parvient à s’approprier, et surtout à mélanger. Le plus flagrant à mon avis est la reprise de Hey Joe, une chanson de Jimi Hendricks à l’origine, subtilement adaptée à la sauce mariachi; et si vous avez l’occasion de visionner l’excellent duo entre lui et Vanessa Paradis sur Stand by me dans le cadre d’une émission de Taratata, vous verrez que ça vaut le détour.

Un conseil pour une première approche, histoire de se faire une idée de son éventail : le double album The Willy DeVille Acoustic Trio In Berlin sorti en 2003, une vraie perle, contenant notamment des reprises d’hymnes célebrissimes tels que The Ballad of Billy The Kid (Bob Dylan), Someday I’ll make it all up to you (I’m blue so blue) de Jerry Lee Lewis, Carmelita de Linda Ronstadt, ainsi que ses propres morceaux d’anthologie : Bamboo Road et Storybook Love entre autres.

Et si je vous dis tout ça, c’est parce que ce Monsieur sera à Lucerne le 24 juillet au festival Blueballs, puis il continuera son chemin sur la France et l’Allemagne. A ne pas manquer!

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La dernière séance

Posted in Ciné Qua Non, Cinémas, Evénements, lausanne on juillet 1st, 2006 by Virginie

Les premières photos de la dernière séance du Ciné Qua Non

barmaids

Hier soir a eu lieu la dernière séance du Ciné Qua Non à la rue Mauborget 10 à Lausanne. Une bonne centaine de visiteurs s’y sont retrouvés au cours de la soirée, entrant et sortant de la salle pour faire honneur à la bière ainsi qu’aux pop corns généreusement offerts par la direction. A l’issue de la soirée, tout le monde a pu se rendre compte des raisons qui ont toujours poussé les exploitants de cette salle à interdire ces grains de maïs soufflés qui ont fini par recouvrir d’un duvet presque hivernal les sols du hall et de la salle, donnant ainsi comme une sorte de baptême du feu à cette salle qui n’en avait jamais vu la couleur.

La bière coulant à flots, le bar et le Café Corto étaient le centre de l’attention de tous; le foyer aura été animé pour une dernière fois d’hilares ecaliens et autres amis du cinéma un peu alcoolisés, rejoints plus tard par quelques supporters du mondial venus y finir leur soirée, attirés par l’animation et par les effluves de malt.

Dommage que les exploitants de cette salle qui n’est plus ne se soient pas exprimés face aux spectateurs, qui aurait été une manière d’authentifier cette fin qu’ils ont tout de même tenu à célébrer. Le Ciné Qua Non n’aurait-il pas mérité quelques mots d’adieux, de ses employés, de ses exploitants, de ses spectateurs? Cela dit, l’Atlantic n’aura même pas eu droit à une “dernière séance” annoncée comme telle!

Un journaliste de 24 Heures est venu faire ce travail de recueil de témoignages, interviewant la plupart des employés qui se trouvaient là, les exploitants MM. Cattaneo et Steiner ainsi que quelques spectateurs qui se retrouveront dans un article prochainement (j’imagine lundi).

Des visiteurs connus du monde cinématographique lausannois ont fait acte de présence, sans être exhaustive et dans le désordre : Lionel Baier, responsable de la section cinéma de L’ECAL, réalisateur (Garçon Stupide, La Parade), et est à la tête d’une boîte de production, Saga Production, qui se trouve juste à côté du Ciné Qua Non. Aussi présents : André Chevailler, responsable de la photothèque de la Cinémathèque Suisse, Marc Pahud, coadministrateur de Cinérive, Robert Dutoit de L’ECAL, Marc Olivetta ancien élève de l’ECAL, Virginie Lièvre, la comédienne, aperçue en fin de soirée, Nicolas Veuthey, ancien élève de l’ECAL dont le film de diplôme “Murphy” a été projeté, Tania Zambrano-Ovalle, réalisatrice, et Anthony Vouardoux, réalisateur, qui a passé en vitesse au début de la soirée…

Ciné Qua Non

Dès 22h30, des Jurassiens sont arrivés, armés de visseuses électriques, de casse-croutes et de lampes de poche pour démonter, dès la fin de la séance, les sièges verts du Ciné Qua Non, qui prolongeront ainsi leur vie dans un cinéma de Porrentruy. L’armada de démonteurs a comme sonné le glas de cette salle, au son du concert de perceuses-visseuses Bosch. Une fois dévissés, les sièges ont été entreposés dans le hall alors que les derniers nostalgiques n’étaient pas encore partis, puis chargés dans un camion à remorque arrivé vers 1h00 du matin.

démontage des sièges du Ciné Qua Non

Le démontage se poursuit en ce moment-même : le projecteur ainsi que tous les appareils de la cabine poursuivront leur vie dans les nouveaux locaux de l’ECAL dans l’ancienne usine Iril à Renens. Quant au Café Corto, ses vitres estampées Hugo Pratt, ses tables aux dessins des aventures de Corto Maltese, ses fresques, ses chaises sont d’ores et déjà déménagés à Cinétoile, le multiplexe également géré par MM. Cattaneo et Steiner dans le centre Malley Lumières.

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