Un cinéma est mort, que vive la solderie!
Posted in Annonces, Cinémas, lausanne, pensée on juillet 15th, 2006 by VirginieEn ces chaleurs torrides donnant comme une aura particulière à ce Festival de la Cité, la liberté est à deux pas; le monde à portée de main pour le Lausannois. La vie paraît soudain moins lourde, la facilité si déconcertante de passer des nuits bleues à la belle étoile, dans la douceur d’un bois humide… A tel point que les tracas ou les horreurs de la vie quotidienne s’estompent, voilés qu’ils sont par cette frénésie d’errance nocturne, magique redécouverte annuelle de notre cité.
Ainsi nous n’avons pas pris garde, - le mondial ayant peut-être aggravé notre aveuglement - , nous n’avons pas vu qu’en l’espace de deux petites semaines, le désormais feu Ciné Qua Non s’était transformé en une caverne d’Ali Baba hérissante. Alors que les nuits sur la Place du Château sont douces, musicales et que les druides dansent à l’orée des bois, que tout invite au vagabondage estival, le cinéma est désormais mort et éventré dans sa tombe béante, un gouffre mal éclairé rempli des fantômes encore vivaces d’une salle qui vient de fermer.
Sur ses décombres encore fumants, un chaos infâme, miroirs d’une chute terrible et abrupte. L’enseigne lumineuse laisse derrière elle une dalle grise écorchée; sur les murs jaunes de l’ancien Café Corto se devinent les cadres des originaux de Hugo Pratt, alors que le vaste espace dénudé s’étend devant nous couvert d’un bric-à-brac, gisant çà-et-là, à travers le hall.
Le trou béant de ce que fut l’écran, avec les trois coffres dans lesquels logeaient les hauts-parleurs laissent entrevoir l’arrière-scène, à travers une toile noire, déchiquetée. Quelques minutes de plus et des esprits s’en échappaient.
Paix à ton âme


