Nouvelles pas très joyeuses des salles lausannoises
Il y a quelques semaines les cinémas défrayaient la chronique pour des questions syndicales : la situation précaire des employés de cinéma était mise en cause par UNIA notamment, et voilà que tout à coup tout le petit monde des cinémas, surtout à Lausanne, change de manière terrible et presque effrayante.
Pour ceux qui n’ont pas vu les journaux des deux semaines dernières : en gros, le Ciné Qua Non va fermer le 30 juin, et Europlex se fait racheter par encore plus gros que lui : Pathé… L’exploitant prend ainsi la première place au top des exploitants les plus importants en nombre de sièges en Suisse, devant Kitag. En septembre, Europlex ne sera plus.
La mort attendue mais tristement réelle désormais du Ciné Qua Non, faisant suite aux multiples fermetures de salles à écran unique par Europlex ces dernières années (Le Bourg, Le Lido, L’Athénée, L’Eldorado, L’ABC, Le Palace 1 et 2) ainsi que la fermeture du Richemont l’été dernier par ses propriétaires après une lutte pour trouver des films, c’est maintenant le tour de toutes les dernières salles de la ville qui peinent à joindre les deux bouts sans aide d’une association quelconque.
Il semblerait que l’avenir des salles uniques ou petits miniplexes du genre Zinéma ne soit possible que sous le mode de l’association. Tels Le Bellevaux, sauvé de la fermeture par l’Association BelEcran mais toujours pas dans les chiffres noirs, l’Oblò, et actuellement un projet pour sauver Le Capitole de Lucienne Schnegg qui se met en marche gentiment. A ce propos, si cela vous intéresse de vous joindre au projet, veuillez laisser un commentaire sur ce post afin que je puisse vous contacter et vous donner de plus amples informations.
Mais pour en revenir à la situation actuelle des cinémas, c’est une véritable crise des écrans, une situation où les multiplexes l’emportent joyeusement face aux indépendants qui ne peuvent plus avoir de films en exclusivité notamment. Il est clair que par exemple pour le Ciné Qua Non, contrairement à la missive des deux administrateurs de Cine Qua Non SA, la faute n’est pas uniquement celle des autres. Incriminant la Ville de Lausanne pour son manque de soutien au cinéma, les distributeurs pour ne plus leur donner d’exclusivité et le caractère “malfamé” du quartier de Bel Air, MM. Cattaneo et Steiner restent bien trop muets sur leurs responsabilités personnelles dans cette histoire.
Mais que dire de plus? Que c’est la faute à tout le monde et à personne en même temps, de toute façon nous ne saurons jamais vraiment ce qui s’est passé… Ce qui est évident, c’est que c’est la guerre pour survivre, que les petits crèvent et les gros rigolent!
Pour clore sur un post si triste et désabusé, je vous invite à aller voir vos films plutôt au Capitole que chez Europlex, à aller au Bellevaux, à devenir membre de BelEcran, ce qui vous permettra de payer votre place 10.- et aussi par la même occasion de soutenir un petit cinéma de quartier à la programmation très intéressante. Quant au City Club de Pully, c’est aussi le moment de se mobiliser pour lui, car nous ne savons pas très bien pour combien de temps il demeurera.
Agir pour sauver les salles, c’est y aller, en parler autour de vous, prendre conscience que la simplicité qu’offrent les multiplexes (on choisit sur place le film, etc.) ne fait que rendre encore plus difficile la survie des petites salles, qui ont besoin de spectateurs pour prouver aux distributeurs qu’ils en valent la peine!
Alors amis cinéphiles, mobilisez-vous!